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Mourir à soi-même pour mieux renaître

Ce thème « mourir à soi-même » est un thème qui m’est cher puisque c’est la raison d’être du phénix, cet oiseau mythique qui cycliquement renaît de ses cendres.

Aujourd’hui je vais vous parler d’une chose qui est devenue taboue dans nos sociétés : la mort, les morts en vérité car la vie à mon sens, est faite de mille et une petite mort.

Je suis consciente d’avoir un rapport à la mort quelque peu particulier. En effet dès la préadolescence, j’ai eu une forte pulsion de mort. Lorsque j’avais 11/12 ans, je ne me voyais pas vivre au-delà de 20 ans, voire 30 ans grand maximum. Je n’avais pas vraiment envie d’être là. Je n’arrivais pas à me sentir à ma place dans ce monde. Vivre une telle pulsion de mort à cet âge-là, c’est très douloureux. Comme si les poussées d’hormones dues à l’adolescence ne suffisaient pas !

Et puis un jour où j’étais assise à mon bureau, j’avais 14/15 ans, et que je devais être en train de me poser des questions existentielles sur la vie et la mort, m’est apparue comme une évidence, une certitude, que l’âme, notre essence, était éternelle et que la naissance et la mort n’étaient que des passages d’un état à un autre, aussi naturels l’un que l’autre, exprimant ainsi un cycle infini de changements d’états.

Je me suis alors dit à ce moment-là que la mort pouvait survenir à tout moment et que je devais m’y préparer. J’ai ainsi rédigé mon premier testament holographe (et j’en suis maintenant à une dizaine).

Et puis la mort a bien failli survenir lors de cette expérience de mort imminente pendant laquelle mon lien à la vie n’a tenu qu’à un tout petit fil. Mais s’il y avait une part de moi qui voulait effectivement mourir à ce moment-là, il m’a aussi été rappelé lors d’un « recadrage » avec mes guides que si j’étais vivante, c’était que mon âme avait pleinement et consciemment accepté et choisit de s’incarner sur terre à ce moment précis de l’évolution terrestre.

Depuis j’ai frôlé la mort quelques fois, comme le jour où je suis passée devant un magasin à Pristina : quelques minutes après une bombe explosait tandis que je ressentais l’impact de la déflagration dans tout mon corps. Comme les deux ou trois fois où j’ai vraiment miraculeusement, et clairement grâce à l’intervention de mes guides, échappé à des accidents de voiture qui auraient pu être mortels. Mais mon temps n’était pas venu.

A contrario je sais avec certitude que le jour où mon âme aura fait son temps sur terre et que je devrai mourir, que ce soit paisiblement dans mon lit, en sortant de chez moi fauchée par une voiture, en avalant un os de poulet ou à cause d’un (corona)virus, je ne pourrai rien faire pour l’en empêcher. Et ainsi il ne sert à rien d’en avoir peur.

J’ai eu peur pourtant parfois comme lorsque j’avais attrapé le paludisme en Afrique, que j’étais au fin fond de la brousse, loin de ma famille et que je délirais lors d’une poussée de fièvre … J’ai eu peur aussi lorsque je me suis retrouvée, la nuit, coincée dans une tente dans la brousse sur un camping édifié sur le territoire des lions, et que j’ai entendu le lion rugir pour appeler les lionnes qui étaient situées à l’autre bout du camp, puis haleter tout près de la tente. Je me suis dit alors qu’il eut été digne d’avoir mon couteau suisse pour mourir l’arme au poing, puis je me suis endormie la peur au ventre: si je devais mourir mangée par un lion, que pouvais-je y faire ?

Lorsque le temps de la mort est vraiment venue, rien ni personne ne peut l’empêcher.

Pourtant dans nos sociétés on a peur de la mort tout comme on a peur de vieillir. Bien des personnes n’aiment pas parler de cela, préfèrent ne pas organiser leur succession ni même prévoir leurs obsèques.

J’ai eu la chance de pouvoir accompagner mon père dans son agonie et jusqu’à son dernier souffle et de veiller ma grand-mère 5 jours après sa mort pour accompagner son âme vers la lumière (je vous invite à lire l’article « comment accompagner vos défunts dans la lumière »). Durant plusieurs années et en particulier au cours de mes voyages au Rwanda, en Bosnie et au Kosovo, j’ai accompagné bien des âmes errantes à quitter le plan terrestre afin d’aller vers la lumière.

Toutes ces expériences ont confirmé ce que j’avais reçu comme information à 14 ans : la mort est un passage, et ce qui est lumière (notre âme) retourne immanquablement à la lumière, tandis que ce qui est poussière (notre corps de chair) retourne naturellement à la Terre.

La mort est naturelle, elle est inéluctable, elle fait partie de la vie. Si toutefois vous sentez que votre temps n’est pas venu, alors vous devez vous battre pour la vie, pour l’amour de la vie en vous.

Sinon rien ne sert de résister.

De même, lorsque dans votre vie vous rencontrez ces mille et une petite mort, ces fins de cycle, ces deuils, de quelque nature qu’ils soient : deuil d’un proche, deuil d’une relation, d’un travail, d’une certaine image de vous-même, d’une position sociale etc.…ne résistez pas, car ces deuils font partie de la vie et ils représentent comme un dépouillement qui vous permet petit à petit de cheminer vers votre essence.

Ce sont autant de petites morts dont vous allez renaitre, assurément, pourvu que vous cessiez de vous identifier à votre souffrance, à votre mental et à votre ego et que vous vous abandonniez au mouvement d’énergie de la vie.

Je voudrais dire une dernière chose en lien avec ce que nous vivons dans ce temps de confinement :

Il faut observer que nous sommes coupés de la nature et de ses lois profondes et qu’il est urgent que nous nous y reconnections: dans la nature tout est cycle, mouvement, changement, tour à tour expansion puis contraction… sans cesse : je vous invite simplement à observer le cycle des planètes, de la lune, du soleil qui se rapproche puis s’éloigne, des saisons. Il y a des temps naturels d’expansion et des temps tout aussi naturels de contraction… La vague grandit puis s’écrase puis renaît dans un mouvement infini… Après le printemps et l’été où la vie renaît, viennent l’automne et l’hiver qui nous invitent à des temps de pause et d’introspection. Certains animaux hibernent, les arbres et les plantes perdent leurs fleurs et leurs feuilles…

Mais nous les êtres humains nous ne nous arrêtons jamais. Nous continuons à faire, à agir et à produire encore et encore, jour et nuit, été comme hiver. Nous ne supportons plus le froid de l’hiver alors qu’il est salutaire pour la nature, nous voulons toujours plus de croissance économique alors que la nature a besoin de temps pour se reposer et se régénérer. Et Dieu sait qu’elle est généreuse et abondante et qu’elle nous donne beaucoup. Et nous ne faisons que prendre sans lui donner de repos.

Nous nous sommes coupés de cette phase naturelle de la contraction, de petite mort. Ces temps de repli, de silence et de vide sont le terreau nécessaire à toute renaissance.

Et voilà donc que la nature nous force à ralentir : qu’allons-nous faire de ce temps ? Qu’allons-nous changer dans nos vies ? Qu’est-ce qui doit mourir en nous (individuellement, et collectivement) pour mieux renaitre ?

Dans ma vie j’ai longtemps été identifiée à la souffrance et j’ai longtemps résisté. Mais j’ai appris quand lorsque je cessais de résister et que je me laissais mourir, c’est-à-dire que je laissais aller l’image mentale que j’avais de moi-même ou les constructions que mon ego avait édifiées, alors enfin je laissais le champ possible à ma future renaissance dans la joie et la paix.

Cette renaissance est aussi possible au niveau collectif. Nous devons, en tant qu’espèce, mourir à ce que nous sommes, pour renaitre de nos cendres! La vie, la nature nous y invite. Si nous ne le faisons pas, peut-être un jour, n’aurons-nous plus le choix. Et alors, peut-être sera-t’il trop tard ?

Que la paix soit avec vous

Helvise Gallet





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